Mon discours d’introduction

Lors du conseil électif de ce 24 septembre 2026, il était demandé à chaque candidat de faire une présentation de 15 minutes en introduction. Voici mon discours.

Merci Madame la Présidente du conseil. Mesdames et Messieurs les administratrices et administrateurs, nous sommes réunis aujourd’hui alors que l’IUT se trouve dans une situation d’intérim depuis décembre 2025. Notre institut a connu plusieurs périodes de turbulences, avec notamment plusieurs directions inachevées pour des raisons diverses, dont la dernière interruption qui a beaucoup choqué notre communauté. Je pense ensuite au COVID qui a eu un impact important sur notre organisation du travail mais aussi sur le mode de travail des étudiants que nous recevons maintenant en cours. Il y a eu aussi le passage à marche forcée du DUT au BUT. La situation est compliquée et c’est la raison pour laquelle je me porte candidat car je pense pouvoir apporter mon expérience en matière de gestion, notamment de gestion de crise. Comme vous avez pu le voir dans ma profession de foi et dans mon CV, je suis maître de conférences en informatique à l’IUT depuis 19 ans déjà. La particularité de mon profil est que j’ai une double expérience concernant les responsabilités collectives, au niveau de l’IUT, mais aussi au niveau de l’UPEC, notre université. A l’IUT, j’ai été 2 fois chef du département informatique et j’ai aussi créé le département MMI à Moissy, dans le bâtiment H, à l’occasion du plan IUT. Au niveau de l’UPEC, j’ai participé à la campagne électorale des élections aux conseils centraux de 2016, j’ai été élu membre du CA de l’UPEC. J’ai participé à l’équipe présidentielle d’Olivier Montagne de 2016 à 2018. Je me suis occupé de ce que j’appelle le régalien, en particulier les finances et les ressources humaines, puis comme vice-président du conseil d’administration, j’avais dans mon périmètre la communication, les affaires juridiques et le patrimoine. A ce titre, j’ai géré de nombreux dialogues de gestion, j’ai aussi participé au dialogue social avec les organisations syndicales et j’étais présent aux réunions du CT et du CHSCT. A la fin, quand Olivier Montagne a dû démissionner pour des raisons de santé, j’ai assuré l’intérim de la présidence de l’UPEC de novembre 2017 à février 2018. J’ai donc une expérience de gestion d’une organisation publique de taille conséquente : à l’époque, pour vous donner un ordre de grandeur, l’UPEC, cela représentait environ 265 millions d’euros de budget, 2600 personnels, 33000 étudiants. Une des grandes forces de ma candidature est, me semble-t-il, cette double expérience qui me donne une vision globale de notre IUT et de son environnement. Je suis donc un candidat qui peut être opérationnel dès demain, qui s’inquiète pour le futur de son IUT. Si je souhaite apporter ma contribution aujourd’hui, c’est que l’IUT m’a tant soutenu depuis mon arrivée il y a 19 ans. Cela me semble donc naturel de répondre présent alors que l’IUT connaît une grave crise de gouvernance. Je souhaite du renouveau, plus de mixité et moins d’entre-soi.

En cas d’élection comme directeur, je me suis fixé 4 grands objectifs pour ce mandat de 5 ans :

  • Mon premier objectif est de renouer la confiance avec le personnel en proposant une méthode basée sur l’écoute, sur la transparence, sur la recherche du consensus, et en cherchant à améliorer les conditions et la qualité de vie au travail. Pour cela, je vais reprendre des méthodes que j’ai utilisées avec succès par le passé. La transparence me semble primordiale, j’aime que les règles soient claires. Cela passe aussi par une amélioration de la communication interne. Je l’ai déjà dit, l’IUT a subi une crise majeure, il faut en tirer les leçons. J’ai annoncé que je lancerai un appel à candidatures pour désigner une personne chargée de mission sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.
  • Comme c’est notre mission fondamentale à l’IUT, mon deuxième objectif est d’accompagner au mieux les étudiantes et les étudiants dans leur parcours académique afin de les préparer au monde socio-économique de demain. Ce qui est important ici, c’est demain. Les entreprises sont aujourd’hui très satisfaites de nos étudiants, je l’ai encore constaté lors des soutenances de stages et d’apprentissage de ces dernières semaines. Si on veut pouvoir maintenir ce niveau de satisfaction dans 5 ans, il faudra s’adapter. L’intelligence artificielle aura probablement un impact très important sur le monde du travail. Comme enseignant, on a constaté qu’il impacte le comportement de nos étudiants. En tant qu’universitaire, notre rôle est d’accompagner au mieux les futurs professionnels que nous formons. C’est pour cela que je propose d’organiser en 2027 un cycle de séminaires et de réunions sur l’intelligence artificielle, avec des sessions d’information pour les 3 publics (étudiants, administratifs, enseignants), des tables rondes pour discuter de pédagogie et de recherche, mais aussi d’administration, enfin une réunion de remue-méninges pour se décider sur la réponse de l’IUT.
  • Lors de cette campagne de terrain, j’ai pu constater les nombreux projets, partenariats, événements organisés par les différents départements et les différentes formations. C’est ce que j’appelle les « pépites » de l’IUT. Mon troisième objectif est de consolider les partenariats de l’IUT, dans toutes ses dimensions, avec une vision plus transversale et pluridisciplinaire. Par exemple, en relations internationales, avec le contexte géo-politique actuel, il y a de plus en plus de zones à risque. Par conséquent, toute la concurrence se concentre sur les mêmes zones. Je pense qu’il faut partir de nos partenariats historiques, les entretenir, les faire évoluer en s’intéressant aussi à la recherche et aux échanges, en les étoffant avec d’autres disciplines.
  • Enfin, il ne faut pas seulement regarder vers l’extérieur, j’aimerais que l’IUT soit plus ouvert, en hébergeant des événements mais en tenant compte bien sûr des contraintes de sécurité. Mon quatrième objectif est de créer les conditions pour faire de l’IUT un environnement propice aux rencontres professionnelles, à la constitution de réseaux et à la construction de nouveaux projets, que ce soit académiques ou professionnels. Pendant ma tournée des départements, j’ai évoqué une soirée recherche, qui reprendrait l’idée de notre journée recherche, mais destinée aux partenaires de l’IUT. Cela permettrait de faire connaître nos nombreuses activités de recherche. Il est important de rendre plus visible ce qu’on fait à l’IUT. Par ailleurs, ces événements permettront peut-être de créer de nouvelles collaborations, par exemple pour des réponses à des appels à projets ou bien pour des thèses CIFRE. Il me semble aussi important de mobiliser notre réseau des diplômés et des diplômées qui, selon moi, est sous-exploité.

Dans la profession de foi, mais aussi pendant les réunions d’information de cette campagne, j’ai pris un certain nombre d’engagements. J’aimerais en rappeler quelques-uns.

  • L’IUT se doit d’être exemplaire en matière de lutte contre les VSS. Comme annoncé, si je suis élu, je lancerai immédiatement un appel à candidatures pour désigner un chargé ou une chargée de mission sur la lutte contre les VSS. L’objectif sera de faire des propositions d’actions à court et à moyen terme. Cela passera probablement par des sessions de sensibilisation pour tous les publics (étudiants, enseignants, administratifs). Il faudra aussi clarifier les procédures de signalement, notamment lorsque cela concerne un N+1. Il y aura une communication à réaliser.
  • Concernant la qualité de vie au travail, je propose de mettre en place des groupes d’entraide thématiques. Ce n’est pas de la réunionite, mais plutôt la mise en place d’espaces partagés et de plateformes pour que les agents concernés par le même type de missions puissent échanger des bonnes pratiques et éviter de se retrouver isolés en cas de difficulté.
  • Je me suis engagé auprès des représentants élus des étudiants d’organiser une réunion tous les 2 mois avec la direction de l’IUT afin d’une part de faire remonter les problèmes qui les concernent plus directement et d’autre part de discuter des sujets qui seront abordés en conseil d’institut.
  • Concernant l’accueil d’événements ouverts aux partenaires, j’ai déjà évoqué les soirées recherche. Pour les relations internationales, je propose d’organiser des semaines thématiques sur des pays avec lesquels on a des partenariats importants. On pourrait viser 2 semaines par an, soit 10 semaines sur 5 ans. Par exemple, on pourrait avoir la semaine du Canada, la semaine du Mexique, etc. L’idée serait d’inviter les universités et les établissements avec lesquels on a un partenariat pour des conférences, des enseignements, des présentations de leur culture et de leur savoir-faire. Cela permettra aux étudiants qui ne peuvent pas partir à l’international, mais aussi aux collègues, de pouvoir découvrir ces pays à l’IUT.
  • En matière de gouvernance, les deux mots-clés sont transparence et pragmatisme. Un instrument que j’ai beaucoup utilisé par le passé est le groupe de travail. Bien souvent, les réunions de conseil ressemblent de plus en plus à des chambres d’enregistrement. Pour éviter cela, il faut mettre à l’ordre du jour des points sur la stratégie ou sur des politiques. Or ces questions sont souvent techniques, cela demande un travail préliminaire. Transposé à l’IUT, c’est le CODIR qui fixera les thématiques pour lesquelles on constituera un groupe de travail. Sa composition sera ouverte à toutes les bonnes volontés. La clé de la réussite, c’est de trouver une personne compétente et intéressée par le sujet pour animer les discussions. Cet animateur/rapporteur sera aussi responsable de faire une synthèse par écrit et une restitution à l’oral au conseil d’institut. Bien entendu, c’est le conseil qui, in fine, validera ou pas les propositions d’actions du groupe de travail. Mais le débat pourra avoir lieu en connaissance des faits et opportunités.
  • Mon équipe de direction reposera sur 3 directions adjointes :
    • direction adjointe à la pédagogie et aux partenariats
    • direction adjointe à la recherche et au rayonnement scientifique
    • direction adjointe aux relations internationales et à l’ouverture culturelle
  • Je n’annoncerai pas de noms aujourd’hui, mais je peux déjà dire que ce seront des personnes choisies pour leur expertise dans leur domaine, qu’elles font partie de départements différents, que ce seront au moins 2 femmes voire 3 et qu’il me reste une dernière négociation à finaliser. Si je suis élu directeur ce soir, mon équipe sera présentée au conseil d’institut du 8 octobre. Elle sera complétée par des chargés de mission qui seront désignés suite à un appel à candidatures. J’ai déjà annoncé 2 missions, l’une sur la lutte contre les VSS et l’autre sur les projets transversaux.

En parlant de projets, j’ai dit qu’il y avait déjà des beaux projets au sein des départements. Il va de soi que je vais continuer à les soutenir. Dans le cadre des futures négociations budgétaires avec l’université, il sera important de recenser les spécificités et les projets que l’IUT souhaite mettre en avant. En effet, l’université devra elle-même négocier auprès de ses tutelles un COMP, autrement dit un contrat d’objectifs, de moyens et de performances. L’UPEC devra donc présenter les projets qu’elle souhaite mener sur les prochaines années. Il nous faudra être prêt à proposer des projets pour pouvoir négocier les budgets en interne. Le recensement des projets internes est une priorité des prochains mois. En plus de ces projets, il serait intéressant de développer des projets plus transversaux, c’est ce que j’appelle des projets « fil rouge ». L’idéal serait d’en soutenir 3 ou 4 sur toute la durée du mandat. Voici quelques pistes à explorer :

  • La nouvelle présidence a évoqué dans sa profession de foi un institut sans mur sur l’IA. Pourquoi sans mur ? L’UPEC compte déjà de nombreuses composantes et unités de recherche. L’idée est plutôt de constituer un collectif provenant des différentes composantes de l’université. Je pense que l’IUT dispose de forces vives dans ce domaine. On pourrait avoir une vision pluridisciplinaire : technologie, environnement, politique RH, sociétal, etc. Le cycle de conférences/séminaires sur l’IA que j’ai annoncé pour 2027 pourrait être l’occasion de discuter de l’opportunité pour l’IUT de participer à ce projet.
  • Suite aux différentes vagues de chaleur que nous avons subies cet été, il me semble urgent de prévoir un plan d’adaptation de nos pratiques et de nos bâtiments pour faire face au défi du dérèglement climatique. J’ai annoncé qu’un groupe de travail sera constitué à ce sujet. Il faudra recenser toutes les actions possibles. Il y aura un travail de priorisation sur les 5 prochaines années. Ensuite, il faudra négocier avec l’UPEC et avec nos partenaires. Probablement, il y a des actions qu’on pourra mettre en place rapidement. Pour les gros investissements, il faudra proposer un plan pluri-annuel pour essayer de convaincre nos financeurs dans les négociations.
  • Je pense qu’on pourrait aussi voir du côté de la forêt de Fontainebleau. Des étudiants de génie biologique seront envoyés en stage. Peut-être y a-t-il d’autres possibilités ?
  • On m’a parlé aussi d’open data. Nos étudiants peuvent être utilisateurs dans le cadre de leur SAE. L’IUT pourrait peut-être être aussi producteur de données ?
  • Enfin, nous avons un bâtiment recherche qui sortira bientôt de terre à Sénart, en 2031 si tout va bien. Il va falloir préparer ce collectif à travailler ensemble. La préfiguration du nouveau bâtiment peut être l’occasion d’organiser des événements en amont de la livraison du bâtiment.

Pour conclure, je suis bien conscient des difficultés et des enjeux à venir, mais je suis confiant car l’IUT dispose d’atouts solides. Par ailleurs, j’ai déjà une grande expérience en matière de dialogues de gestion et en gestion de situations complexes. S’il y a bien une chose que j’ai retenue de mes expériences passées, c’est que si vous ne maîtrisez pas les rouages d’une administration, vous pouvez perdre un temps utile. J’ai eu un grand regret lors de mon passage à la présidence, c’était un projet de parapheur numérique. Malheureusement, ce projet n’a pas pu aller à son terme car le mandat était terminé au moment où on avait acquis suffisamment d’expérience pour pouvoir le mener à bien… Il faut donc pouvoir être opérationnel au plus vite.

Pour conclure, si je suis élu aujourd’hui, je serai un directeur opérationnel dès demain et un directeur disponible puisque je démissionnerai de tous mes autres mandats. Je pourrai ainsi assurer un mandat à 100% au service de la communauté IUTienne. Je vous remercie de votre attention !

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