Cela fait maintenant 19 ans que je suis maître de conférences à l’IUT Sénart Fontainebleau, je commence à bien connaître cet institut ! J’y ai enseigné l’informatique aux étudiants de DUT puis de BUT, sur le site de Fontainebleau principalement, mais aussi à Lieusaint et même à Moissy-Cramayel à l’ouverture du bâtiment H. Même si mon unité de recherche (le LACL) se trouve à Créteil, j’ai accueilli à de nombreuses reprises des collègues à Fontainebleau, que ce soit dans le cadre d’invitations de professeurs, de partenariats ou de projets ANR, de réunions avec des étudiants au doctorat ou bien de colloques organisés sur place. Parmi les nombreuses responsabilités collectives, j’ai été notamment chef du département informatique à deux reprises (2010-2013 et 2018-2022). J’ai participé aussi à la création du département MMI à la rentrée 2019. Au-delà de ces expériences au sein de l’IUT, j’ai aussi une bonne connaissance de la gouvernance au niveau des conseils centraux et de la présidence, notamment comme vice-président du conseil d’administration de l’UPEC en 2017 et président par intérim entre novembre 2017 et février 2018.
Ces dernières années ont été marquées par une forte croissance de l’IUT, mais aussi par plusieurs périodes de « turbulence », je pense en particulier à la crise sanitaire de la COVID en 2020-2021 qui a fortement impacté notre mode de fonctionnement et qui a eu des conséquences importantes sur la scolarité de nos étudiantes et de nos étudiants. La mise en place à marche forcée du BUT a été complexe, les équipes pédagogiques et administratives ont été exemplaires, mais cela s’est fait dans la douleur. Les difficultés économiques de l’UPEC et les gels de postes liés au PREF ont fragilisé la soutenabilité et l’encadrement des formations. Les interruptions en cours de mandat des dernières directions de l’IUT ont pu créer un sentiment de confusion. Après une évolution sur un rythme qu’on pourrait qualifier « en dent de scie », l’IUT a aujourd’hui besoin de stabilité et d’une vision à long terme.
Il me semble qu’il faut lancer une nouvelle dynamique pour l’IUT Sénart Fontainebleau, basée sur les fondamentaux de nos missions, en renouant la confiance envers les personnels par le dialogue et en s’appuyant sur des projets qui font sens. Fort de mon expérience passée dans la gestion d’une administration de taille conséquente comme l’UPEC, je souhaite aujourd’hui apporter ma contribution à la communauté IUTienne dans un contexte qui me semble particulièrement critique. C’est pourquoi j’ai décidé de présenter ma candidature à la direction de l’IUT Sénart Fontainebleau afin d’accompagner l’institut dans cette nouvelle phase de sa longue histoire.
Pour un IUT qui s’appuie sur ses fondamentaux : ses personnels, son ancrage territorial, ses partenaires institutionnels, économiques, industriels, associatifs, ses étudiants actuels et anciens.
L’IUT dispose de sérieux atouts. Je suis à chaque fois émerveillé par la diversité des projets, des innovations et des contributions dans les différents départements. Lorsque l’IUT organise un événement, on constate le dynamisme des collègues et le soutien inestimable des services administratifs. Si la machine peut sembler parfois un peu grippée, cela ne remet nullement en question la pertinence des initiatives des collègues. Les partenariats de l’IUT sont très variés et offrent l’opportunité à nos étudiantes et étudiants, ainsi qu’à nos collègues d’étendre leurs activités au-delà de nos campus. Mon objectif comme candidat est de poursuivre ces nombreux projets et de soutenir les initiatives dans la mesure du possible. Je souhaite également ouvrir davantage l’IUT à nos partenaires, par l’organisation d’événements qui seront propices aux rencontres et au développement de nouveaux projets. Dans ce cadre, notre réseau de diplômées et diplômés mériterait d’être plus largement sollicité. Un suivi et un bilan seront réalisés régulièrement pour faire le point sur toutes ces activités, notamment pour en améliorer la communication en interne comme en externe. L’ancrage territorial, la diversité des partenariats et la pluridisciplinarité sont des spécificités de notre IUT que je compte bien maintenir et promouvoir, en cas d’élection comme directeur. Avec la généralisation annoncée de la mise en place de contrats d’objectifs, de moyens et de performances (COMP) dans le cadre des dialogues de gestion à tous les niveaux, il me semble indispensable de pouvoir valoriser et prendre en compte ces partenariats et événements qui contribuent au rayonnement de l’IUT. L’objectif sera de préserver, tant que possible, les fondamentaux de notre mission de service public, en poursuivant une politique d’inclusion, d’égalité et de diversité.
Pour un IUT qui regarde vers l’avenir et qui s’adapte aux contraintes actuelles, sans renier son passé.
Dans mes rencontres de ces derniers jours, j’ai constaté une certaine lassitude, une frustration ou un manque de valorisation ressentis par plusieurs collègues face à des missions qui leur semblent de plus en plus chronophages et compliquées. J’entends ce problème et il faut pouvoir y apporter une réponse. La qualité de vie au travail est un point qui me semble particulièrement important. Afin d’éviter l’isolement, je suis favorable à la mise en place de groupes d’entraide thématiques, afin d’échanger sur les difficultés rencontrées, de communiquer sur des retours d’expériences et de co-construire et partager un ensemble de bonnes pratiques. Le plan de formation doit être plus adapté aux besoins des collègues, avec une ouverture sur l’évolution de la société. Dans un monde de plus en plus connecté, il semble indispensable de promouvoir une meilleure hygiène numérique, avec des sensibilisations aux risques et avec le respect du droit à la déconnexion. L’adaptation passera aussi par l’organisation de nos campus et bâtiments. Une réflexion sera menée pour identifier les travaux prioritaires à réaliser pour s’adapter au dérèglement climatique. Plus généralement, je suis un partisan de la mise en place de groupes de travail, ouverts au plus grand nombre sur appel à candidatures, qui travailleront sur des problématiques décidées par le comité de direction, avec une restitution des conclusions sous forme d’un rapport écrit et d’une présentation devant le conseil d’institut.
Pour un IUT qui innove en pédagogie et qui tient compte des nouvelles réalités du numérique et de l’intelligence artificielle.
Les enseignements seront amenés à évoluer avec l’émergence de l’utilisation quotidienne de l’intelligence artificielle (IA) par nos étudiantes et étudiants. L’IA peut et doit être considérée comme un outil et non comme une contrainte. Au-delà de l’impact sur la pédagogie, il sera primordial de sensibiliser toute la communauté IUTienne sur les enjeux de l’IA, avec des séminaires aux formats et aux contenus adaptés en fonction des pratiques, des risques et des impacts possibles de chaque public : personnels pédagogiques, personnels administratifs, étudiantes et étudiants. Je souhaite organiser dès que possible un événement sur ce sujet avec une partie qui présente la réalité actuelle de l’IA, des tables rondes sur les pratiques en pédagogie, en recherche et dans l’administration, une session de remue-méninges sur notre réponse à l’IUT. Un projet d’institut sans mur de l’IA a été proposé par un candidat à la présidence de l’UPEC. Il me semble que l’IUT peut avoir sa place dans ce projet, la question mérite de faire l’objet d’un débat en interne. Par ailleurs, ma vision de l’innovation pédagogique ne se limite pas à l’utilisation du numérique. Les projets innovants par le contenu, par la méthode, par les liens avec le monde culturel, économique, institutionnel ou associatif, par toute autre approche originale feront l’objet d’une politique de soutien à l’innovation pédagogique qui sera proposée au vote du conseil d’institut ; les critères de sélection et les modalités d’application seront discutés à cette occasion.
Pour un IUT qui met en avant et soutient ses chercheurs.
Si la formation reste l’activité principale d’un IUT, la recherche réalisée par les collègues chercheurs constitue un atout pour notre institut qui doit être mis en avant et soutenu. Le juste équilibre entre enseignement et recherche pour nos collègues enseignants-chercheurs constitue toutefois un enjeu à l’IUT. Le projet de bâtiment recherche sur le campus de Sénart devrait permettre, à terme, de limiter certains déplacements entre sites universitaires, mais cela ne règlera pas tous les problèmes. La recherche est soutenue par l’IUT depuis de nombreuses années à travers un budget dédié géré par le conseil scientifique. De nombreuses missions, des organisations de colloques et des demi bourses de thèse sont financées grâce à l’IUT. Ce soutien à la recherche se poursuivra si je suis élu directeur de l’IUT. De même, la journée annuelle de la recherche restera un événement fort de la fin de l’année universitaire. En terme de communication, il serait intéressant de pouvoir rendre plus visibles les activités de recherche des collègues de l’IUT auprès de nos étudiantes et étudiants, ainsi qu’auprès de nos partenaires.
Pour un IUT qui reste solidaire de ses étudiants, de ses personnels et de ses partenaires.
Concernant les risques de violences sexistes et sexuelles (VSS), notre institut se doit d’être exemplaire. Il semble nécessaire de clarifier les mécanismes de signalement et d’en faire une large publicité auprès des personnels et des usagers. En cas d’élection comme directeur, un appel à candidatures sera lancé pour désigner un chargé ou une chargée de mission sur la lutte contre les VSS. Plus généralement, sur les questions sociales et environnementales, l’IUT a bien sûr un rôle à jouer, que ce soit en matière de formation, mais aussi par la recherche et par les partenariats avec le monde socio-économique. Les actions de la vie scolaire en faveur des étudiantes et des étudiants doivent être poursuivies. Le CROUS est un partenaire incontournable et des discussions seront à mener notamment en matière d’offre de restauration sur les campus.
Pour un IUT avec une vision humaine et pragmatique.
Comme informaticien, je suis bien entendu favorable à l’utilisation d’outils numériques ergonomiques et efficaces, mais je suis vivement opposé à une société du « tout numérique ». L’humain doit rester au centre de notre organisation. Je souhaite mettre en place une gouvernance basée sur l’écoute et sur les remontées du terrain, avec la définition de politiques au niveau du conseil d’institut et avec une grande transparence sur les critères de décision et sur les priorités. Ma façon de travailler se résume en un mot : pragmatisme.
Pour une nouvelle dynamique à l’IUT.
Certains pourraient se demander en quoi ma candidature est opportune. Comme indiqué précédemment, le contexte actuel est particulièrement critique. L’IUT a connu plusieurs périodes de turbulence et une nouvelle présidence est en train de se mettre en place à l’UPEC. Par ailleurs, le contexte national est difficile et les enjeux de l’enseignement supérieur ne seront pas forcément, hélas, une priorité face aux autres difficultés rencontrées par notre pays. De par mon expérience passée, notamment à la présidence de l’UPEC, je pense pouvoir apporter à notre institut une approche pragmatique de sa gestion. Lorsque j’étais vice-président du CA et président par intérim de l’UPEC, j’ai été régulièrement confronté à des situations de crise et j’ai été amené à analyser et arbitrer des dossiers particulièrement complexes. Par ailleurs, j’ai une grande expérience des dialogues de gestion, que ce soit en interne, auprès du rectorat ou de la DGESIP. Comme directeur de l’IUT, je n’hésiterai pas à défendre les politiques et les projets validés par le conseil d’institut, auprès de la présidence, de nos tutelles et de nos partenaires. Je pense que ma maîtrise des rouages de l’administration de l’UPEC, ainsi que mon important réseau de contacts à Créteil, seront un grand atout pour faire peser notre IUT dans les discussions à venir.
Candidat à la direction de l’IUT, vous pourrez compter sur mon écoute, sur mon expérience et sur ma détermination à assurer un mandat à 100% au service de la communauté IUTienne.
Frédéric Gervais